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" ENTREVOIR " : d'un point de vue iconique Le
savoir-faire de J.Léger semble être
au service de l'expressivité et il écrit à ce
propos : " Joies, frustrations, souffrances tracent et sculptent
nos traits, les cicatrices en soulignent les accidents de la vie,
chaque tension, chaque relâchement engendre un creux ou un
volume correspondant et leur corollaire : pli et ride. Ceci est le
champ d'investigation de l'artiste ". Jean Léger explique
ainsi sa conviction qu'un artiste peut, mieux que personne, capter,
puis représenter les sentiments humains. |
Par
ailleurs, ce n'est sûrement pas un hasard si celle-ci s'incarne sous la
forme de visages. En effet, nous avons vu que le visage en langage
des signes, est ce qui détermine, de par ses expressions,
les sentiments du signeur. Une personne sourde a-t-elle donc plus
de facilité à saisir les expressions du visage ? C'est
ce que semble penser Jean Léger : " Dans une autre perspective,
le regard du sourd si particulier, à l'instar du regard du
poète, traduit ces " mille touchers " que sont les
infimes perturbations de notre corps et de notre visage. Ces manifestations
inconscientes induites par le jeu des émotions et des sentiments
n'échappent pas à l'acuité visuelle du sourd
et lui révèlent les intentions et la personnalité de
son interlocuteur". " PERCEVOIR " : d'un point de vue sémantique Loin
de la scène artistique
contemporaine, Jean Léger " suit sa propre voie ".
Ainsi, son œuvre ne semble avoir d'autre signification que son
exposition à notre regard. Ses sculptures se donnent à voir
et c'est au regardeur de sentir, de comprendre, de s'identifier quelque
peu afin de reconnaître l'expression de sentiments humains
et familiers. Car ce que recherche cet artiste c'est avant tout " la
vie, l'émotion ". Il déclare à ce sujet
: " J'exprime la condition humaine, parce que je suis un Homme ".
Pour ce faire, il " cultive le hasard, l'accident ", et
ne laisse que peu de place à la réflexion rationnelle
et calculée. Il s'agit donc ici d'une expression libre et
spontanée directement issue des sensations que l'artiste a
pu ressentir ou percevoir chez autrui. Ainsi, l'œuvre de Jean
Léger s'inscrit dans la longue recherche de l'Histoire de
l'Art d'une expression et d'une représentation des Hommes
et de leurs sentiments. Cependant, la simplicité apparente
d'un tel travail dissimule une dimension singulière de celui-ci,
l'omniprésence de la surdité. En effet, si l'artiste
se défend d'intégrer la surdité à son
travail, celle-ci semble toutefois s'exprimer malgré lui dans
ses œuvres. La perte d'un sens se ressent inévitablement
au regard de celles-ci. Les représentations de l'Homme et
de ses sentiments s'en trouvent alors considérablement modifiées
et c'est en cela que la surdité offre aux œuvres de Jean
Léger, un aspect singulier. Cette singularité est indicible,
elle est de l'ordre du ressenti. L'émergence d'un tel sentiment
au regard de ces œuvres s'intègre parfaitement à la
volonté de l'artiste. En effet, le regardeur est à même
de saisir l'humain et ses sentiments lorsque celui-ci est confronté à un
tel sentiment. Cette sensation d'être face au poids de son
corps, de sentir l'importance de tous ses sens et de comprendre enfin
que les sens sont un lien, une frontière entre nous et le
monde extérieur. On ne peut alors nier l'influence de la surdité sur
l'œuvre de Jean Léger. Celle-ci semble lui conférer
la capacité de mieux saisir les sentiments humains et de les
retranscrire admirablement. Etude de la surdité comme alternative dans notre relation à l'art 1999-2000 Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3 |
Exposition "l'art
en vie" ERMONT
2005
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Exposition "Carrefour
de Arts" METZ 2005 |
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